Depuis quelques jours j'écoute intensivement un album d'un auteur-compositeur interprète qui s'appelle Pierre Flynn. L'album s'intitule « Mirador ». Un mirador, c'est un lieu surélevé, habituellement une tour, d'où on peut observer et surveiller tout autour. Titre inspirant. Certaines phrases-clé de ces chansons m'inspirent.
« ♫♪ Je vais ou la musique m'emmène ♫♪ » Ça résume pas mal ma vie jusqu'à ce jour. Je me considère comme un gars vraiment chanceux et privilégié. Je n'ai jamais établi de stratégie de vie. J'ai bien eu certains objectifs mais mineurs. Je pense que je ne me suis jamais réellement fixé un vrai but, sinon de saisir le moment présent et d'apprécier le simple fait d'être encore en vie, à chaque jour et à chaque instant. Je ne prends rien pour acquis, et je suis capable d'émerveillement et d'émotion. Je prends tout ce que la vie m'apporte. Je déguste. Je savoure. La présence des gens autour de moi, c'est ce qui m'est le plus cher au monde, et je suis capable d'immensément d'amour, amour qui peut se manifester de centaines de façons. Certains me disent naïf, mais je suis au contraire très lucide, je connais ma place à chaque instant et avec chaque personne. Je suis un caméléon, et rares sont les gens avec qui je ne puisse pas m'accommoder. Les gens sont intrigants, ils sont intéressants. Ils sont mystérieux. J'essaie de les comprendre, comprendre pour mieux les aimer. « ♫♪ Nous cherchons les humains de la tribu, nous cherchons la musique et la fête ♫♪ »
« ♫♪ Et tout ce qui me reste à faire aujourd'hui, c'est sauver ma vie ♫♪ ». Le style de vie que je mène n'est pas bon pour ma santé. Excès d'alcool, mauvaise alimentation, manque de sommeil, manque d'exercice, cigarette, etc. À ce jour je n'ai pas eu d'incidents majeurs sur ma santé et j'en suis très conscient et reconnaissant. Par contre je dois commencer à penser à moi, et à me concentrer là-dessus. Depuis deux semaines j'ai recommencé à aller nager le matin avant d'aller travailler. Si tout va bien dans quelques mois je vais commencer le gym et cesser de fumer. Il y a quelqu'un quelque-part qui veille sur moi, mais je ne peux pas prendre ça pour acquis et je dois mettre l'énergie nécessaire au changement, je dois sortir de mon inertie. C'est dur et ça me fait peur, j'ai peur de ne pas être capable. Je suis dans une zone de confort de laquelle je peine à sortir, mais je suis rendu là et je dois me faire une raison. Je suis comme dans un cocon duquel je dois émerger. « ♫♪ Y'a t-il quelqu'un qui veille sur nous, je sait pas, je chante malgré tout ma prière ♫♪ »
« ♫♪ Les yeux fermés j'entends l'écho lointain, je me souviens du temps et de l'espace d'où je viens ♫♪ ». Je réalise ces temps-ci que je dois me rapprocher de mes parents et de ma famille. Mes parents vieillissent. Je les sent plus fragiles, je les sent un peu usés par la vie. Mes parents m'ont toujours inspiré et sont un modèle. Ma mère est une aimante, mais qui a toujours eu de la difficulté à exprimer son amour. Je ne peux rien cacher à ma mère. Quand ça mijote trop dans ma tête j'évite d'aller la voir parce-que ca me tentes pas de tout lui déballer mon sac pour l'épargner, et je sait qu'elle sait quand ça ne va pas. Ma mère a eu une attaque cardiaque il y a environ douze ans et elle ne fait pas beaucoup attention à sa santé. Ça m'inquiète. Santé usée par des années de travail à la petite semaine, faute d'éducation, à faire des métiers que les gens de ma génération ne serions même pas capable de faire. Mon père est plus réservé et conservateur. Il y a plein de sujets que je ne discute pas avec lui, par pudeur. Mon père est un exemple de père de famille modèle, qui a toujours subvenu aux besoins de la famille malgré un revenu instable et un métier précaire de chauffeur de taxi. Il est très éduqué, il a déjà été enseignant d'anglais, mais a foutu ça là par écœurement et par principe. Mon père m'a appris le gros bon sens, la valeur de la connaissance, l'amour de mon pays, l'honnêteté et une certaine dérision face à la vie. Ma mère m'a appris l'amour, la passion, le pardon et l'importance du travail. Certains de mes bons amis ont perdu leur mère ou leur père récemment, et je suis incapable d'envisager perdre les miens. Je dois m'approcher d'eux, briser certains tabous et éliminer certaines barrières. Je dois leur dire que je les aime. Il faut boucler la boucle, je ne veut pas avoir de regrets quand ils seront partis. « ♫♪ N'attends pas on est fragile sur le fil devant l'immensité, n'attends pas, il y a tant faire sur cette Terre avant de se quitter ♫♪ »
« ♫♪ Un enfant qui chante mais qu'on ne voit pas♫♪ ». Quelle merveilleuse famille que ma soeur a ! trois beaux neveux, une belle nièce. Je ne suis pas assez présent pour eux. J'ai l'impression parfois d'être un mauvais oncle. Je vais tenter de passer plus de temps de qualité avec eux. Ma sœur et moi sommes idéologiquement opposés, mais je l'aime beaucoup et je suis en admiration totale devant son dévouement pour sa famille et son mari. Elle est forte, un exemple à suivre. Je ne sait pas comment elle fait pour tout faire ce qu'elle fait dans une journée, avec ses problèmes aigus d'asthme, je lui lève mon chapeau. Ça doit être sa foi qui lui donne cette force. Oh des fois que j'aimerais avoir la foi. « ♫♪ J'aimerais être courageux comme une femme ♫♪ »
« ♫♪ Nous voici devant l'océan de sérénité ♫♪ » Je rêve de naviguer. Je rêve de posséder un navire et de partir au large. Je rêve de traverser les océans, de ne faire qu'un avec le ciel et la mer. Je rêve de soleil et de bleu, du grand bleu. Quelle liberté que de se laisser emporter par les vents et les courants, que de lutter contre et danser avec les éléments. Suivre la marée, arriver à bon port ou en crever. Crever dans la mer, en contemplant les rayons du soleil percer la masse aqueuse de l'océan. Mais surtout voir, voir le monde en temps réel, en temps vivant. Voguer voguer et ne fait qu'un avec les éléments. Voguer voguer en regardant les astres de la voie lactée. Voguer, vivre, aimer, mourir. Jacques, moi aussi je rêve de me reposer aux Marquises, pacifiquement devant cet océan, sereinement « ♫♪ Dans nos rêves il y a la clé de notre guérison ♫♪ ».
« ♫♪ Ton coeur il me faudra mériter ♪♫ ». J'ai volontairement choisi, il y a plusieurs années, de ne plus soumettre mon coeur au ballotage. Plusieurs déceptions amoureuses ont jalonné mon cheminement. Ces peines sont amères et indisposent longtemps. Ça fait tellement longtemps que je suis célibataire, que j'ai l'impression de ne plus reconnaître le sentiment amoureux. Ça me fait un peu peur. C'est déstabilisant de penser qu'on ne sait plus comment on se sent. Dès que j'éprouve une émotion quelconque, je dois m'arrêter pour l'analyser afin de comprendre ce qui se passe. J'ai été déprogrammé. Je me suis déprogrammé volontairement. Adieu la spontanéité. J'ai bien réussi ce que je voulait. Mais aujourd'hui je me demande si c'est bien cela que je voulait en réalité. Je me surprends quelquefois à penser que ça serait bien de compter vraiment pour quelqu'un, d'être la personne la plus importante aux yeux d'un individu, à part lui évidemment. Et moi ? Et moi dans tout ça ? Suis-je prêt à me consacrer à une relation amoureuse ? Je ne sait pas, je ne sait plus. Je suis mêlé. Je vais mettre ces idées sur le mijoteur et attendre d'avoir un signe. Je souhaite juste que si l'amour cogne à ma porte je saurai le reconnaître. Hey l'amour ! Long time no see ! Wassup ? On va prendre un café ? ... ♫♪ En toi danse le monde ♪♫
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