Salut Michel !
Ces jours-ci, ça fait 8 ans que tu m'a faussé compagnie. Comme tu le sais je ne crois pas en Dieu, donc je ne pense pas que tu soit au paradis ou en enfer... mais disons que je t'imaginerais bien au ciel … en écoutant l'album « Oxygène » de Jean-Michel Jarre et fumant un gros spliff !
Ma sœur et certains de mes amis capotent parce-que je n'ai pas la foi. Effectivement je n'ai pas la « foi » au sens littéral du terme. Je pense que Dieu est une invention de l'Homme, un outil, qui a été nécessaire dans notre histoire, afin de jalonner l'évolution morale de nos sociétés complexes et aussi expliquer certaines choses qui ne pouvaient l'être à une certaine époque. Je pense qu'aujourd'hui les règles morales sont bien établies et que la science explique presque tout. Donc je ne crois pas en Dieu. Par contre, je respecte les gens qui y croient, sauf s'ils utilisent son nom à des fins destructrices, partisanes ou haineuses.
Je t'avoue que j'aimerais bien qu'il y ait une vie après la mort... comme tout le monde je souhaiterais que mon essence, mon énergie et mon âme ne s'éteignent pas avec mon dernier souffle. Finalement, « j'aimerais bien » signifie « espérer ». Et espérer... n'est-ce pas ca la foi ? Peut-être ait-je la foi ? Je ne sait pas. En tout cas, dans le pire des cas, si rien d'autre n'existe, tu reste vivant dans mon cœur et ma mémoire, dans quelques recoins de mes neurones qui commencent à s'oxyder !
Je m'excuse de ne pas avoir été là pour t'accompagner dans tes dernières heures. J'ai pensé à toi un soir chez-moi tranquille, j'ai appelé chez-toi, tu n'étais pas là. Comme tu étais souvent à l'hôpital depuis des années, j'ai appelé à l'Hôtel-Dieu le lendemain et j'ai appris que tu étais parti la veille... drôle de timing. J'ai culpabilisé longtemps. J'ai su finalement que tu as pu voir et parler à tes enfants quelques heures avant de t'endormir... et ça m'a apaisé.
Je n'ai plus aucun contact avec ton meilleur ami de l'époque, Pascal. Je sait que tes cendres sont chez-lui. Lors des funérailles on s'est échangés nos numéro de téléphone. Quelques mois plus tard... il m'a appelé... il organisait un souper et il voulait me « matcher » avec une de ses amies... Wow j'ai été estomaqué de constater qu'il ne me connaissait pas très bien ! J'ai évidemment refusé et je pense qu'il était fâché ! Depuis il ne m'a jamais rappelé. Lors du 5e anniversaire de ton décès, j'ai tenté de le contacter en vain. Donc, pour résumer, pas de nouvelles de ta famille depuis 8 ans. Ta fille doit être une jeune adulte maintenant et ton fils un ado boutonneux... ;-)
J'en profite pour te donner des nouvelles de Patrick, il est en couple depuis presque 4 ans et il a 2 beaux enfants... et il a arrêté de boire depuis maintenant 2 ans ! Je suis très fier de lui. Il ne s'est pas présenté à tes funérailles et j'ai été fâché contre lui un certain temps. Mais bon tu le connais.. je suis sûr que tu lui en a pas voulu !
De mon côté la vie continue. Au moment de ton départ je vivais un grand tumulte qui s'est depuis apaisé. Je commence à connaître la sérénité et la tranquillité. Je suis très stable et j'ai une job « steady » depuis maintenant 4 ans. Je suis un célibataire convaincu et je continue de m'amuser. Éternel adolescent. Peut-être un jour cela va-t-il changer mais pour l'instant dans une zone de confort que j'apprécie. Mes parents sont toujours en vie. Ma mère me parle encore de toi... elle se souvient encore quand tu était allé l'aider pour peinturer la cuisine !
Je pense souvent à toi et ce ne sont que de superbes souvenirs. Ton énergie m'accompagne toujours. Envoies-moi un signe !
En passant, dans quelques jours je vais finalement aller me faire tester, histoire de savoir si j'ai la maladie qui t'as emporté... j'espère que tu me tiendras par la main. Dire que si tu avais pu « tougher » quelques années encore tu serait probablement encore vivant.
Ce soir j'en bois une à ta santé !
Cheers.
Éric.
mercredi 20 janvier 2010
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