dimanche 17 janvier 2010

Adieu ! À bientot ! Je t'aime !

Hier matin j'ai reçu un coup de fil de mon ami X, tout enrhumé, qui partait pour Cuba avec son chum. « Salut c'est moi, je part tantôt... bla bla bla ». C'est moi qui lui avait dit de m'appeler avant de partir. C'est significatif ce besoin qu'on a de se parler, même très brièvement et très superficiellement, avant les petits et les grands départs. En filigrane on a besoin de se dire qu'on s'aime et qu'on espère se revoir, au cas où l'avion s'écrasait ou une catastrophe quelconque survenait. Si par malheur quelque chose arrivait, au moins on pourrait se dire qu'on s'est parlés juste avant. Quelque part ca réconforte tout le monde, ceux qui partent autant que ceux qui restent. Je me souviens qu'en France quand on quittait les gares il y avait toujours des gens qui couraient sur le quai près tu train en agitant un mouchoir... comme dans les films. Des adieux qui sont en fait des au-revoir !

Ce matin donc, cher journal, après avoir souhaité « bon voyage » à X , j'ai le goût de faire un retour en arrière et de te raconter un peu mon histoire d'amour assez chaotique avec cet individu assez singulier.

J'ai vu X pour la première fois en 97 ou 98 dans un bar appelé « La Track ». Ce bar était le rendez-vous de la communauté les mercredi soirs, avec ses soirées « Woolco » à 1,44$ la bière , 2$ avec le pourboire. À cette époque, quand tu voulais voir tes amis, tu sortais le mercredi soir, TOUT le monde était là. L'été, le bar s'agrandissait dans la ruelle arrière et c'était toujours bondé. C'était vraiment une belle période. C'était évidemment avant l'ère des groupes sociaux sur internet, on commençait à peine à utiliser les nouvelles technologies et on passait moins de temps derrière nos claviers et plus de temps à se côtoyer dans des occasions sociales.

Donc je sortais beaucoup avec mon chum de l'époque et un certain soir j'ai vu ce grand 6 pieds là... planté sur la track, une bière dans une main, une cigarette dans l'autre, parlant avec d'autres gars. Cheveux foncés peignés d'une façon assez particulière avec plein de gel, grands sourcils foncés, belles fesses, beaux yeux particulièrement expressifs et pleins de sympathie. Très sexy le gars.... J'étais en couple et à ce moment là j'avais pas besoin d'autre chose donc ça restait un espèce de fantasme.

Des mois ont passé avant que je lui parle. À ce moment j'étais redevenu célibataire. J'ai pas un souvenir très clair des circonstances de notre première nuit ensemble, mais je me souviens qu'on s'est ramassés chez-moi et que ça a été torride. À partir de ce moment on se voyait assez régulièrement. Malheureusement la relation n'a duré que quelques mois. En fait je ne sait même pas si elle avait vraiment commencé officiellement, il y avait beaucoup de non-dit, ça se vivait dans le moment présent et on avait pas besoin d'en discuter, c'était « de facto ». Cette « relation » donc, a fini abruptement, mais ce n''était pas ma décision.

Nous avons été des mois sans se parler et sans se voir, peut-être même un an, je perd la notion du temps. Le milieu étant ce qu'il est, c'est-à-dire très petit, nous nous sommes revus par hasard ici et là sur la rue ou dans les bars, et avons recommencé à discuter et se voir pour finalement devenir de très bons amis. Comme j'habitais le village, à proximité de l'action, je l'invitais souvent à dormir chez-moi à la fermeture et on finissait souvent par baiser. Donc pendant très longtemps on baisait sans attente, juste pour le plaisir comme ça, des fois je rencontrais un gars alors X ne venait pas chez moi, d'autre fois il rencontrait de son côté et je rentrais seul. « No questions asked ». C'était mon «best friend» pour sortir et ça a duré très longtemps... on a eu du gros fun noir. C'est pendant cette période que nous avons forgé les bases de notre profonde amitié. Amitié qui est devenue si importante pour moi qu'un jour je lui ai dit que je ne voulais plus baiser avec lui. Il a mal réagi sur le coup mais avec le temps il a compris mes motivations. Sa présence était devenue tellement importante dans ma vie que je voulais que la ligne soit claire et qu'on ne bascule pas d'un côté ou de l'autre du spectre des sentiments.

Le temps a passé et X et moi avons continué à sortir dans les bars ensemble, et avoir une très grande complicité. C'est aussi à cette époque que ma vie a un peu dérapé et que j'ai eu certains comportements autodestructeurs. Cette période sombre de ma vie a duré plusieurs années a été très difficile. X a toujours été là pour moi, à sa façon, et à pleins de niveaux. Je lui suis d'ailleurs encore redevable de plein de choses et un jour je vais faire amende honorable.

Ces épreuves de la vie nous on un peu éloignés l'un de l'autre... on se voyait moins souvent et il s'est fait un copain qu'il a fréquenté pendant plusieurs années. On se voyait certes à l'occasion, mais beaucoup moins qu'avant. Heureusement, on a toujours gardé contact et son copain est également devenu un bon ami pour qui j'ai beaucoup d'affection.

Ces années ont été ponctuées de grandes périodes de « silence », que moi et X appelons affectueusement « sa bulle ». J'ai eu de la difficulté à comprendre ses silences et j'en ai longtemps souffert. Ce que j'ai compris au fil du temps c'est que X est un des êtres les plus sensibles que je puisse connaître. Lorsqu'il ne peut pas être là à 100% parce qu'il vit des choses difficiles, ou s'il a peur de blesser ou de faire de la peine, il coupe les ponts. Aujourd'hui je suis capable de comprendre tout ça et je ne m'en fait pas plus. Je laisse le temps passer et on se retrouve toujours. Je respecte sa « bulle » même si des fois j'aimerais lui faire péter en pleine face.

X a vécu des deuils très importants dans les dernières années. Il a perdu son père, qui est une grande source d'inspiration et de motivation pour lui. Il est très axé sur la famille, le respect, les valeur traditionnelles. Il ne me l'a jamais avoué mais X a toujours cherché l'approbation et l'aval de son père, étant le seul fils de la famille (il a 3 soeurs). Je suis persuadé que son père est très fier de lui.

Dans un deuxième temps, X a eu à faire le deuil d'une relation a amoureuse qui a été je pense assez intense qui a duré 1 an. Pendant cette année je n'ai pas beaucoup vu X, il m'a un peu négligé. Il m'a avoué se sentir mal de ça mais je ne lui en veux pas. Je comprends qu'il avait probablement besoin de s'investir dans une relation de couple et qu'il y mettait toutes ces énergies. Peut-être tirait-il une telle satisfaction de ce « cocooning » qu'il ne sentait plus le besoin d'en sortir. Bref quand cette relation s'est terminée brusquement en mai il y a 2 ans, X était effondré et je ne l'ai jamais vu comme ça. Comment consoler son meilleur ami ? Lui dire de regarder vers l'avant ? Essayer d'être positif ? Difficile de consoler un coeur brisé sans dénigrer la valeur de la relation, mais essayer de lui faire voir que la vie continue, qu'il y a autre chose, qu'il y a une suite... J'ai très souffert de le voir brisé comme ça, impuissant, sinon d'être présent au besoin et lui dire souvent que j'étais là pour lui, l'écouter. Je pense qu'il a fait une grosse introspection sur sa vie et qu'il a pris certaines décisions qui l'ont aidé à s'en sortir.

X a rencontré depuis peu un nouveau copain ma foi super cute et ils ont l'air vraiment ensemble, même si je ne le connais pas encore beaucoup, il m'est assez sympatique ! C'est d'ailleurs avec lui qu'il s'est envolé pour Cuba hier matin !

X est mon âme soeur. Je le sent très près de moi même quand il est loin. Je serai toujours là pour lui.

Alors voilà cher journal l'histoire de mon beau X qui s'est probablement reconnu. Donc si tu le permet, je vais m'adresser à X directement !

X, te souviens-tu de nos soirées au Stud ou il était carrément impossible de te faire sortir de la place avant que le gérant nous crisse dehors ? Comme si tu allais mourir le lendemain et que tu voulais profiter de toutes les minutes ? Tu voulais que ca finisse jamais...

Nos nuits passées à bavasser au Club Sandwich jusqu'au lever du soleil avec des baises potentielles qui désespéraient de ne pas partir du resto ?

La fois ou on a commencé à baiser dans le salon de façon sauvage avec nos grosses bottes de cuir ? 10 ans plus tard, mon coloc de l'époque me parle encore de cette nuit ! Il se plaignait qu'on l'avait réveillé, mais récemment il m'a avoué qu'il essayait secrètement de nous épier... le cochon !

Notre voyage au camping Plein-Bois... quand je t'ai abandonné sur le bord de la piscine pour aller faire du nudisme dans le bois ? En passant je suis parti 2 heures, et pas la journée au complet comme tu le prétend ! Tu me le reproche encore !

La nuit du 1er janvier 2000 ? Tu étais venu me chercher au travail le matin et on a jamais été capable de se faire servir un café au resto après des heures d'attente !

La soirée chez toi lors de tes 40 ans ? C'est à cette occasion que j'ai rencontré ta famille !

Ton triple déménagement Ville St-Laurent – Longueuil – Ahuntsic qui a commencé à 8 heures le soir et qui a fini a 6 heures du matin et que t'as même pas payé la pizza !

Notre journée au chalet de ta soeur ?

Il y a une tonne de petites anecdotes comme ça, j'ai noté celles qui me viennent à l'esprit.

Je suis nostalgique ce matin en passant à tout ça... j'ai hâte de te revoir...

Bon voyage... Adieu ! À bientôt ! Je t'aime !

Éric
xxx

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire